Saturday, February 04, 2012

RUE DE LA TRANCHEE (KARI HOTAKAINEN)




Suite à un coup de poing malheureux, Matti voit sa femme et sa fille s'éloigner de lui et dans sa volonté de les reconquérir, décide d'échanger leur appartement contre une maison en bois dans la banlieue d'Helsinki. Pourtant cet adolescent attardé était devenu un père au foyer exemplaire, s'occupant de leur fillette et de toutes les taches ménagères.
Ce départ est un coup de massue pour lui, et dès lors il mettra tout en oeuvre pour reconquérir sa famille, en offrant à sa femme le pavillon de banlieue dont elle a toujours rêvé. Mais comment faire quand on ne dispose que d'un modeste salaire de manutentionnaire et que les prix de l'immobilier s'envolent ? Matti se lance dans cette quête comme on part à l'aventure dans la jungle, et tous les moyens seront bons...C'est en véritable soldat que Matti se lance à l'assaut des zones résidentielles, surentraîné comme un membre de commando.

Roman très surprenant que ce Rue de la Tranchée, qui, comme son titre l'indique, parle de conflits et en met deux en parallèle. D'une part la seconde guerre mondiale et les milliers de soldats revenus des horreurs du front de l'Est qui durent retrouver leur place dans la société finlandaise. Et puis la guerre de l'émancipation des femmes et les "combattants au foyer" que sont devenus les hommes comme Matti, phénomène peut-être plus marqué dans les pays scandinaves. Le point où se rencontrent ces deux conflits: les jolies maisons en bois données aux vétérans par le gouvernement et que Matti convoite pour sa famille.

Alternant les points de vue (Matti, ses voisins excédés, sa femme, un agent immobilier...) ce roman drôle et grinçant dessine un portrait au vitriol de la société finlandaise actuelle. Derrière les haies bien taillées des pavillons de banlieue ou dans les appartements, il ne semble y avoir que matérialisme, égoïsme et consommation forcenés. Dans un tel pays il n'y a plus de place pour le souvenir de la vie simple et les sacrifices des rescapés de la guerre et le bonheur ne rime qu'avec argent. Quant à la condition des hommes, à qui l'on demande d'être à la fois soumis et combatifs, doux et virils, elle est devenue bien difficile.
Un constat bien sombre et cynique, mais pourtant on rit au "parcours du combattant" de Matti et à sa folle obsession pavillonnaire, tellement ce roman fait dans l'humour noir et la surenchère.
Une curiosité, à découvrir...

Tuesday, January 17, 2012

MILLE FEMMES BLANCHES (JIM FERGUS)


En 1875, le chef cheyenne Little Wolf demanda au président Grant de lui faire présent de 1000 femmes blanches à marier à mille de ses guerriers afin de favoriser l'intégration de son peuple. Au départ de ce fait historique, Jim Fergus retrace à travers les carnets intimes d'une de ces femmes blanches, May Dodd, les aventures dans les terres sauvages de l'Ouest de ces femmes recrutées pour la plupart dans les prisons ou les asiles psychiatriques. C'est à la fois un magnifique portrait de femme, un hymne écologique, un chant d'amour pour le peuple indien, et une condamnation sans appel de la politique indienne du gouvernement américain d'alors. Cette épopée fabuleusement romanesque a été un événement lors de sa publication aux Etats-Unis. Elle a été encensée par les plus grands écrivains américains, dont Jim Harrison qui a salué "ce roman splendide, puissant, et exaltant". Les droits de ce livre ont été achetés par Hollywood mais jusqu'à ce jour aucun film n'a été réalisé, probablement parce qu'il se révélerait trop dérangeant pour une grande partie de l'opinion publique américaine, plus habituée aux exploits de John Wayne face aux méchants sauvages.

Né en 1950 d'une mère française et d'un père américain, Jim Fergus, chasseur, pêcheur, et cuisinier hors pair, est chroniqueur dans de nombreux journaux américains. Il a sillonné seul avec ses chiens le Middle West, pendant plusieurs mois, sur les pistes des Cheyennes, afin d'écrire ce livre. Mille femmes blanches est son premier roman.

Mon opinion: malgré quelques faiblesses, et notamment quelques grosses ficelles littéraires, le livre m'a beaucoup plu car l'écriture est fluide et le discours anti-colonisateur implacable (sans néanmoins verser dans le piège du manichéisme). Lire en écoutant Mariee Sioux et Cortez the Killer de Neil Young !!!!

Sunday, January 15, 2012

PIPER : LE RETOUR


Coucou, me revoilà. Après une interruption longue de près de 3 années, j'ai décidé d'ouvrir à nouveau ce blog et d'y insérer mes notes de lecture tout comme les disques qui m'ont marqué.